Etude comportementale sur nos habitudes sous la couverture
Nous avons chacun notre manière bien à nous de dormir. Cependant, d’aucuns ont certaines habitudes pour passer des nuits plus belles que leurs jours. Le Dr. Soulat Kouët nous éclaire sur une atteinte courante mais trop peu étudiée de nos jours : la névrose de la couette. Habitudes et astuces linge pour couettes malmenées !
LBA – Les premières névroses de la couette sont apparues vers 1990. Savez-vous pourquoi ?
Parce que les couettes telles que nous les connaissons aujourd’hui étaient moins répandues. Et on se méfiait beaucoup du pouvoir allergène des duvets animaliers que pouvaient contenir certaines couettes. Depuis, des études remettant en cause la relation duvet-acarien, et l’apparition de fibres synthétiques hypoallergéniques ont remis la couette au goût du jour. D’ailleurs, aujourd’hui en France, la couette est devenue le couchage standard. Elle a quasiment remplacé le couchage de nos grand-mères fait de superpositions - traversin, oreillers, édredon, dessus de lit, etc. Autant de couches et un lit bien bordé coupaient court aux envies de s’entortiller à tout-va !
LBA – Quels sont les principaux signes qui vous permettent de diagnostiquer une névrose de la couette ?
Dr Soulat Kouët – Les signes sont souvent les mêmes… Il y a ceux qui ne peuvent fermer l’œil qu’une fois le pied à l’air voire parfois la totalité de la jambe ; il y a ceux qui ne supportent pas la couette et lui préfèrent un drap, plusieurs couvertures et un lit bien bordé pour que rien n’y entre (courants d’air, monstres et cie) ; il y a ceux qui s’enroulent dans la couette, et enfin, ceux qui enjambent la couette purement et simplement. Et je ne cite ici que les formes les plus fréquentes.
Ce que révèlent la plupart de ces comportements, ce sont finalement des envies d’espace ou de protection. Quand j’interroge mes patients sur ce que leur procure le fait d’avoir le pied ou la jambe à l’air, ils me répondent : une sensation de liberté et de fraîcheur extrêmes, même entre les doigts de pied. Pour les autres c’est une sensation d’être dans un cocon tout chaud.



LBA – Avez-vous des chiffres Couette vs Drap +couverture ?
Dr SL – Les derniers chiffres sont : 86 % mordus de la couette contre 14 % accrochés au drap + couvertures.
LBA – Et pouvez-vous nous parler des formes les plus inattendues de la névrose de la couette ?
Dr SL – J’avais rencontré une jeune femme qui retournait plusieurs fois sa couette dans la nuit afin de la garder toujours fraîche contre elle ! Résultat, à force de retournements répétitifs, la couette était souvent sens dessus dessous, ce qui finissait par la réveiller et crispait son compagnon.
Il y avait aussi ce jeune homme qui, lui, se mettait complètement sous la couette pour ne laisser passer qu’un filet d’air. Enfin, j’ai suivi durant longtemps une jeune-fille qui mâchouillait invariablement le coin gauche de sa couette. D’ailleurs, elle choisissait ses housses en fonction de leur matière et de leur saveur !
LBA – A quel moment conseillez-vous de consulter plus sérieusement ?
Dr SL – Dès les premiers signes de mêlées nocturnes, de batailles pour avoir un bout de couette ou encore de housses et édredons maltraités. Il faut savoir que c’est en hiver que les névroses de la couette sont les plus marquantes, car le risque de grelotter lorsque la couette n’est plus là est plus important.
LBA – Avez-vous des solutions pratiques, des astuces linge à faire à la maison qui éviteraient bien souvent de faire chambre à part ?
Dr SL – A ceux qui malmènent leur couette au point, le matin, de la retrouver en boule au milieu de la housse, je conseille une astuce de grand-mère qui apaisera bien des nuits. Cousez des liens aux 4 coins de vos housses et de votre couette puis, nouez votre couette à la housse au moment de l'enfilage. Les couturophobes peuvent opter pour des Velcro aux 4 coins des housses et de la couette, Cela fonctionne aussi !
A celles et ceux (en couple par exemple) qui s’enroulent dans leur couette ou qui la retournent de manière intempestive, je conseille d’opter pour 2 couettes. Cette solution évitera bien des ennuis et permettra à chacun de dormir comme il l’entend, notamment si les deux ont des névroses de la couette incompatibles… On peut aussi envisager d’avoir un oreiller dédié spécialement à l’enjambement, une solution ingénieuse qui désamorcera de manière pacifique les attaques nocturnes !
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